On nous a vendu le sexe comme un ensemble de pratiques à performer, de codes à maîtriser, de fantasmes à consommer, jamais comme un outil pour comprendre qui nous sommes. Une culture hétéropatriarcale a décidé qui a le droit de désirer et qui doit se taire. Les femmes qui désirent trop, qui prennent le pouvoir, qui refusent d'obéir : on les a appelées sorcières, on les appelle salopes. Condamnées au bûcher ou hypersexualisées.
Le kink peut être source de jouissance, évidemment. Il peut aussi devenir un espace de déconstruction de ce qu'on nous a appris sur la séduction, la virilité et la féminité, la domination et la soumission, la place que l'on est censé·e occuper. Nous ne proposons pas un catalogue de pratiques à cocher (voir l'article), mais des espaces pour essayer, dire oui, dire non, changer d'avis, prendre une autre place, sans avoir à rentrer dans une case. Débutant·e ou expert·e, curieux·se ou kinky : nous croyons que le plaisir est politique.
Depuis 2018, j'organise des événements en lien avec la sexualité où j'observe la même chose : la peur de dire non et le désir associé à la honte. J'ai créé L'Obsidienne en 2025 parce qu'il manquait un endroit pour faire de ce constat un terrain de jeu et d'expérimentation : un laboratoire, pas un dogme.
Le consentement n'est pas le petit astérisque au bas de l'expérience. Il en est la matière première.
Queen So



