Dans les milieux kinky, le mot revient souvent sans être jamais vraiment défini. Le vetting, c'est le fait de se renseigner sur quelqu'un·e avant de jouer avec cette personne. Pas par méfiance systématique : parce que la confiance se construit sur des éléments concrets, pas sur une intuition.

Pourquoi ça existe

Le BDSM implique des responsabilités. Une pratique qui se passe bien avec une personne fiable peut mal tourner avec quelqu'un·e qui ne sait pas s'arrêter ou qui néglige la sécurité.

Le milieu est petit et fonctionne beaucoup au bouche-à-oreille. C'est sa force : les informations circulent, encore faut-il aller les chercher.

Comment faire, concrètement

Il n'y a rien de honteux ni à se renseigner ni à être questionné·e. Une personne sérieuse comprendra très bien la démarche.

  • Demander des références. « Avec qui as-tu joué récemment ? Est-ce que je peux leur écrire ? » Un refus catégorique, sans explication, est en soi une information.
  • Croiser plusieurs sources. Un seul avis, positif comme négatif, ne suffit pas. Deux ou trois retours concordants disent quelque chose.
  • Poser des questions techniques. Sur une pratique à risque, quelqu'un·e d'expérimenté·e sait expliquer ce qu'iel fait en cas de problème. L'hésitation sur la sécurité vaut toutes les recommandations.
  • Commencer en public. Une première fois dans un espace collectif, entouré·e, plutôt qu'en tête-à-tête chez quelqu'un·e.
  • Écouter les silences. Quand plusieurs personnes changent de sujet au moment où tu cites un nom, ce n'est pas rien.

Et dans l'autre sens : accepte d'être vetté·e. Donner ses références, c'est la contrepartie normale de les demander.

Notre vetting pour la sélection des participant·es

Nos jauges sont volontairement strictes et l'inscription est soumise à validation.

Ce n'est pas une question de niveau d'expérience : les grand·es débutant·es sont bienvenu·es, et plusieurs formats sont faits pour elleux. C'est une question d'équilibre, de cohérence et de sécurité du groupe.

Concrètement, nous lisons attentivement le formulaire de pré-inscription, les recomandations quand il y en a, si la personne a déjà fait un atelier de consentement, la manière dont elle formule ses intentions et ce que nous savons déjà d'elle ou ce que la communauté en dit. Nous tenons compte de l'équilibre du groupe : les proportions entre les rôles, la mixité, le nombre de personnes qui découvrent.

Nous refusons des inscriptions quand un signalement nous est remonté, quand les limites annoncées sont incompatibles avec le format ou quand la manière de s'adresser à nous laisse penser que le cadre ne sera pas respecté.

C'est un travail invisible mais une soirée où le vetting a bien fonctionné ressemble simplement à une soirée où tout se passe bien.

Ce que le vetting ne fait pas

Il réduit un risque, il ne l'annule pas. Une personne peut avoir d'excellentes références et mal se comporter un soir précis. C'est pour ça que le vetting ne remplace jamais le reste : le cadre posé à voix haute, les outils de consentement transmis avant de commencer (voir l'article), la possibilité d'arrêter à tout moment et la présence d'une personne neutre à qui parler, l'angel (voir l'article).

Le vetting choisit qui entre dans la pièce. Le cadre s'occupe de ce qui s'y passe. Les deux sont nécessaires.

Si quelque chose s'est mal passé

Écris-nous. Y compris longtemps après, y compris si tu n'es pas sûr·e, y compris si ça concerne quelqu'un que nous connaissons bien. Ce sont ces retours qui nourrissent le vetting de tout le monde et nous les prenons au sérieux.